Plusieurs ONG demandent l’arrêt des renvois Dublin

Asile • Mardi dernier, le Collectif R, Solidarité sans frontières (Sosf), la Copera, Amnesty International et l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) ont organisé une conférence de presse pour demander au Conseil fédéral de suspendre les renvois Dublin (renvois des réfugiés vers le premier pays européen qu'ils ont traversé) vers les Etats de la frontière européenne et de la route des Balkans

Mardi dernier, le Collectif R, Solidarité sans frontières (Sosf), la Copera, Amnesty International et l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) ont organisé une conférence de presse pour demander au Conseil fédéral de suspendre les renvois Dublin (renvois des réfugiés vers le premier pays européen qu’ils ont traversé) vers les Etats de la frontière européenne et de la route des Balkans. Les cinq organisations dénoncent le fait qu’au lieu de favoriser l’intégration des réfugiés de guerre venus de Syrie ou d’Afghanistan, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) accélère les renvois depuis le 24 septembre 2015, traitant prioritairement les cas Dublin.

Les organisations ont mis en avant les atteintes quotidiennes aux droits humains en Hongrie, en Italie, en Grèce, dans la mer Egée et le long de la frontière des Balkans. Pour Michael Rodriguez, du Collectif R, «si la Suisse continue à fermer les yeux sur ce qui se passe dans ces pays, elle se rend complice de violations des droits humains. Plusieurs réfugiés membres de notre collectif ont vécu en Italie et en Hongrie des privations de liberté, des humiliations et des formes de violence proches de la torture. La Confédération doit enfin cesser de jouer avec le feu et traiter elle-même toutes les demandes d’asile déposées ici.»

Solidarité sans frontières a insisté sur le fait qu’en matière de politique d’asile européenne, l’avenir est à chercher dans la solidarité entre États, et non dans la poursuite du régime Dublin qui ne fait que renforcer les écarts entre pays du centre et de la périphérie de l’Europe. Pour l’association de défense du droit d’asile, il est aujourd’hui urgent que la Suisse officielle prenne ses responsabilités vis-à-vis des personnes qui fuient la guerre, le chaos et la misère en abandonnant les renvois «Dublin» et en traitant sur son territoire les demandes d’asile qui lui sont adressées.