Fondée en janvier 2019, la FNAAC défend les intérêts du domaine culturel et souhaite qu’une plus grande partie du budget cantonal y soit allouée. Sur Neuchâtel, les professionnel.le.s de la culture sont depuis longtemps habitués à recevoir peu de soutien de la part du canton – malgré un développement important depuis les années 2000, à l’instar du Neuchâtel Fanstastic Film Festival (NIFFF), de Festi’Neuch, de la Plage des Six Pompes ou du Laboratoire Autogéré de Création (LAC), autour desquels la vie neuchâteloise s’est construite. La diversité des activités proposées par des professionnel.le-s passionné-e-s et motivé-e-s est en effet impressionnante, malgré le manque voire l’absence de rémunération. Le comité déplore ainsi le fait que «le soutien de l’Etat a stagné durant ces vingt ans, avec pour résultat une augmentation au-delà du raisonnable de la part de bénévolat exigée des actrices et acteurs culturels professionnels. La situation de nombre d’entre eux est précaire».
Gestion de crise inadaptée
Ceci étant la situation «normale», la crise sanitaire touche le domaine de plein fouet et l’aide du canton est devenu une urgence. La FNAAC a lancé le 23 octobre dernier une initiative «pour 1% culturel», demandant au canton d’attribuer 1% de son budget au développement culturel. Une solution particulièrement nécessaire dans le contexte actuel, mais également viable dans le temps car il permettrait de soutenir considérablement les projets et d’obtenir une rémunération digne au-delà de la crise du Covid-19.
Pour une politique culturelle viable
L’argumentaire de l’initiative informe également de la situation du canton au niveau suisse: «notre canton se retrouve dix-neuvième au classement intercantonal des soutiens à la culture; soit le dernier Romand, suivi seulement par les cantons de Suisse centrale. Selon l’OFS, la part moyenne des dépenses cantonales pour la culture est de 1.9% des budgets. À Neuchâtel, elle est de 0.57% seulement!».
Le 2 novembre, l’annonce de la fermeture des restaurants, cafés et lieux de loisirs sous 48 heures est l’ultime coup de massue: sans soutien immédiat, ce nouveau gel des activités sera destructeur pour les acteurs et actrices culturels qui survivent déjà péniblement depuis mars. Dans un communiqué de presse, la FNAAC décrit en effet les difficultés pour les professionnels de la culture, souvent employés en CDD ou sur mandat, d’accéder aux aides de la Confédération et demande l’ouverture d’un fond cantonal afin de soutenir celles et ceux qui n’ont pas pu les obtenir.
Qu’il s’agisse d’un musée cantonal, d’un centre culturel ou d’un techniscéniste, ce sont actuellement les communes, La Loterie Romande et les fondations et entreprises privées qui financent le plus la culture. Un long travail de recherche de fonds est ainsi laissé à chaque entité.
Ce fonctionnement démontre la fragilité de la politique culturelle du canton, qui normalise les coupes budgétaires et les solutions pansements depuis plus de vingt ans et délègue le soin de trouver une issue aux acteurs et actrices culturels. Le potentiel créatif et la gestion de notre patrimoine sont ainsi plombés par le manque de ressources, ce à quoi l’on remédie par l’emploi de stagiaires non-rémunérés et/ou d’apprenti.e.s. L’activité culturelle et la transmission de notre histoire reposent ainsi en grande partie sur du travail bénévole.
En temps de crise, les conséquences de cette situation sont graves et également portées par les individus. Mais la précarisation de ce domaine est devenue si habituelle qu’elle semble normale à ses professionnel.le.s, et les empêche souvent de se mobiliser pour leurs droits. La FNAAC représente ainsi un exemple de mise en commun important, à encourager, soutenir et développer.
Pour plus d’informations à ce sujet et signer l’initiative, visitez fnaac.ch