Au cours de la manifestation, plusieurs participant-e-s provenant de milieux plus larges que les syndicats ont pris la parole, mais aucun représentant des partis politiques ne s’est exprimé. Sur les banderoles, la grogne était palpable «Y’a d’l’argent pour effacer les ardoises!», «Prendre le pognon chez les fraudeurs, pas chez les démunis!». La manifestation demandait à l’Etat de changer de politique. «Il y a de l’argent dans notre canton, disait un orateur et on nous dit que le canton vit au-dessus de ses moyens! Il y a comme un problème!»
Deux motions
«C’était une belle manifestation, le cortège était très étendu et l’ambiance assez bonne», estime Julien Gressot, président de la section chaux-de-fonnière du POP.
Dans la foulée, deux motions populaires ont été lancées demandant au parlement la suppression du frein à l’endettement et l’engagement de contrôleurs fiscaux. Une proposition d’instaurer un impôt de solidarité auprès des grandes fortunes a également été lancée. Cette dernière démarche rejoint l’initiative du POP lancée il y a quelques mois et qui est actuellement examinée par le Conseil d’Etat. Et le jeune popiste de s’interroger sur la pertinence de ces propositions provenant de syndicats qui comptent parmi leurs membres divers représentants de partis de gauche dont les députés ont accepté le frein à l’endettement ou ont refusé les contrôleurs fiscaux proposés par le groupe PopVertsSol pour le budget 2017!
Les manifestants protestaient contre la politique d’autorités dites de gauche, ce qui fait encore dire à Julien Gressot qu’«il est grand temps d’analyser les raisons pour lesquelles il y a une telle contradiction entre le discours et sa concrétisation. Pourquoi les déclarations d’intention sont si difficiles à mettre en œuvre? Pourquoi le respect des institutions passe-t-il avant la recherche de modifications plus fondamentales?»
Les élus du POP ne sont pas étrangers à cette situation, même s’ils proposent des corrections plus essentielles des lois pour faire progresser la défense des personnes qui souffrent des mesures prises, qui semblent de plus en plus nombreuses. Et ce n’est pas la construction d’un Grand Musée cantonal de l’horlogerie, comme le proposent les socialistes, qui va résoudre la problématique des laissés pour compte!
Il s’agit de revoir rapidement et de fond en comble la logique de notre société.
La loi des origines
Nous osons citer en conclusion les propos de Miguel Dingula, un indien Kagabas de Colombie dont les propos apparaissent dans le livre Le choix du Vivant,de Marie-Hélène Strauss et Eric Julien: «La loi des origines ne change jamais. Même si nous, les humains, devions disparaître, elle serait toujours là. C’est une loi qui organise l’évolution des êtres vivants, les hommes, mais aussi les animaux, les plantes. Mais le petit frère, le «civilisé», ne le sait pas. Quand il a commencé à manier l’argent et à s’intéresser à ce que vous appelez «l’économie», il s’est désintéressé de la nature. Il a commencé à construire ses lois, ses résolutions, ses décrets, en fonction de ce qui l’arrange. La maladie apparaît, quand on ne respecte plus la loi des origines».