En fonction depuis deux ans et demi, Julien Heider, directeur financier d’HNE, a récemment annoncé sa démission. Dans la presse, il a expliqué qu’il ne se voyait pas appliquer la décision populaire pour deux hôpitaux complémentaires dans le canton, projet auquel il ne croit pas.
Les villes du Haut du canton ont réagi dans un communiqué, se demandant «pourquoi le directeur financier, tant opposé à la réalisation de l’initiative H+H, a mis un an à se retirer».«Alors que le rapport du canton (sur la mise en œuvre de l’initiative, ndlr) est en consultation, voir l’argentier d’HNE dramatiser la solution choisie par le peuple interpelle, d’autant plus que le contexte est pourtant clair: la réalisation de deux hôpitaux est en marche et l’heure est partout à la proximité plutôt qu’au prestige», écrivent les villes du Haut. Julien Heider dit refuser que la politique l’emporte sur le sanitaire. Mais ce qu’il fait, en réalité, c’est mettre les règles économiques en tête de sa stratégie!
Une liste de questions
Les villes du Haut se posent encore les questions légitimes suivantes: pourquoi Julien Heider a-t-il accepté d’être consultant pour le groupe de travail mandaté par le Conseil d’Etat pour lancer la réalisation de l’initiative? Pourquoi le conseil d’administration de transition l’a-t-il laissé s’exprimer en regard de sa position sans équivoque? Comment le Conseil d’Etat, qui répète la difficulté du défi à relever pour le bien des Neuchâtelois, apprécie-t-il de voir l’un des directeurs de HNE se répandre sur la place publique et, semble-t-il, encouragé à le faire, semant le trouble, complexifiant et ralentissant sa mission, au risque de pénaliser tout le canton?
Les propos de cette «tête de l’HNE», comme le désigne Arcinfo, confirment les doutes et incompréhensions d’une grande partie du public, qui constate que les décisions prises depuis un an par la direction de l’hôpital neuchâtelois semblent s’opposer au vote populaire de février 2017 en faveur de deux hôpitaux. Selon les partisans de cette solution, plusieurs décisions prises récemment auraient en effet renforcé l’hôpital de Pourtalès, alors même que le conseil d’administration en place n’était censé que «gérer les affaires courantes» (notre édition du 16 février). HNE, quant à lui, réfute ces accusations.
Comme cela avait été demandé par plusieurs milieux après la votation, le Conseil d’Etat aurait dû accepter la démission de Madame de Vos Bolay, restée en poste en tant que présidente du conseil d’administration d’HNE, s’il voulait vraiment calmer le jeu!
Les cadres invités à s’interroger
Les autorités communales du Haut soulignent encore qu’«en dépit du négativisme que manifeste HNE, les Neuchâtelois doivent savoir que l’exercice d’établir des variantes de répartition équilibrée entre les deux hôpitaux de proximité – et non de prestige – voulus par les Neuchâtelois, a déjà été mené au sein du groupe de travail». Elles demandent en outre «aux dirigeants et cadres se sachant incapables d’œuvrer à la saine réalisation du choix démocratique des Neuchâtelois de réfléchir à leur capacité à mener à bien leurs mandats».
En conclusion, les exécutifs du Locle et de La Chaux-de-Fonds assurent que «le Canton a la charge d’assurer une répartition équilibrée, qui ramènera les disparités entre les deux sites dans des proportions acceptables». Un dossier qui risque de faire couler encore beaucoup d’encre!
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Des économies « inadmissibles », selon le POP
Mardi, HNE a annoncé une série de mesures d’économies. Des postes seront supprimés, des nettoyages externalisés, le nombre de lits réduit sur tous les sites, les salles d’opération seront ouvertes en fonction de l’activité, et la structure de soins palliatifs chaux-de-fonnière de la Chrysalide sera transférée, sur un site encore non déterminé. Cette dernière décision a provoqué de vives réactions. Mercredi, le POP neuchâtelois a également dénoncé un «démantèlement programmé».
«L’agression contre la Chrysalide et le démantèlement progressif du CTR du Locle représentent la goutte qui fait déborder le vase. La qualité du secteur palliatif de l’hôpital tient aussi à sa résidence dans un lieu différent des couloirs industriels d’un grand hôpital», écrit-il. Et d’ajouter que la suppression de places de travail et l’externalisation de services d’entretien est «d’autant plus scandaleuse que le peuple neuchâtelois a confirmé par les urnes son attachement à la CCT 21». «Ce démantèlement social et ce contournement de choix démocratique représentent une régression inadmissible», conclut-il, en appelant au départ de Pauline de Vos Bolay de la présidence d’HNE et que le dossier soit retiré au conseiller d’Etat Laurent Kurth.