Fukushima: grand nettoyage avant les JO

Il faut le dire • Si la catastrophe de Fukushima a quitté les écrans télé, ses conséquences restent bien présentes pour les Japonais.

En 2020, Tokyo accueillera les JO d’été: le grand nettoyage a commencé. On l’aura compris, il s’agit moins de nettoyer les zones contaminées — l’opération est impossible, des territoires entiers sont perdus, à l’image des villes de Futaba ou de Okuma — que l’image du pays. Plusieurs mesures ont été prises en ce sens.

Dès 2017, les aides au logement des familles évacuées seront supprimées: tout le monde retournera tranquillement chez soi. Et comme les lieux sont encore radioactifs, le gouvernement a relevé de 20 fois la limite autorisée pour y vivre (de 1 mSv/an avant la catastrophe à 20 mSv/an), faisant ainsi disparaître le problème des déplacés.

Autre mesure prise par les autorités: le démontage de 70% des capteurs de radioactivité installés dans la préfecture de Fukushima après la catastrophe. Il faut dire que malgré tous les efforts (mauvais étalonnage, nettoyage quotidien), les appareils continuaient de fournir des données alarmantes, entretenant une «radiophobie» des plus néfastes.

Les images des ouvriers de Fukushima en combinaison avec masques et gants étant désastreuses, l’exploitant de la centrale a décidé que le travail sur les zones les moins contaminées s’effectuerait désormais sans habits de protection. L’objectif est ici aussi de donner l’illusion d’un retour à la normale.

Reste enfin la question des déchets, plus de 10 millions de sacs répartis sur 100’000 sites. Une solution «novatrice» est expérimentée au Japon: disséminer les déchets sur l’ensemble du territoire et contraindre les municipalités à les brûler. Cette technique présente deux avantages: en disséminant la pollution, le niveau général de radioactivité augmente partout, minimisant par effet de contraste les niveaux dans la région de Fukushima. Les maladies provoquées seront réparties sur l’ensemble du territoire, permettant d’accréditer la thèse selon laquelle les alentours de la centrale ne sont pas plus dangereux qu’ailleurs.