En référence avec les récentes attaques à Paris, j’ai lu le poème d’Huguette Junod (GH, N°47, 20 novembre) et pendant cinq bonnes minutes, je n’arrivais pas à savoir qui étaient ces «ils» qui rythmaient le texte. Jusqu’à une référence à «l’Occident». Ils? Il s’agissait donc des terroristes de Paris.
Pourtant, toutes ces accusations s’appliquent aussi parfaitement aux dirigeants de l’Occident pendant un siècle – un peu plus maintenant.
En termes d’agressions illégales, de multiples violations des droits humains, de tueries ponctuelles et chroniques, d’exploitations violentes des ressources matérielles et humaines, bref – de terrorisme d’état, les dirigeants de l’Occident sont à accuser de tous ces crimes à une échelle malheureusement beaucoup plus grande.
Et évidemment, tout cela est la cause profonde des violences du 13 novembre 2015 et du 11 septembre 2001. Je dis bien la cause profonde parce que la plupart des jeunes personnes qui ont perpétré ces horreurs ne sont pas forcément informés sur ces questions.
Par contre, ils ont vécu directement l’humiliation, la subordination et la violence au sein de la société française et ils sont témoins lors de leur très courte vie, de l’humiliation et la subordination constante des peuples du Moyen Orient. De quoi alimenter la haine, le désespoir, et une totale absence de projet de vie.
Le poème, en tout cas le premier verset, rappelle exactement ce que Bush junior disait après le 11 septembre 2001. «Pourquoi ils nous haïssent? Ils sont jaloux de notre «liberté», de notre «démocratie», de notre «respect des droits humains», de notre «civilisation».»
Non, non et non. Ils ne vous haïssent pas parce que (apparemment) vous jouissez de ces choses. Ils aimeraient simplement que vous arrêtiez vos attaques et vos agressions pour leur permettre d’en jouir également
Voilà pourquoi nous, en tant que féministes et socialistes, nous devons nous dissocier autant de ces hypocrisies insupportables, que des actes terroristes de toutes sortes y compris des actes proprement terroristes de l’Occident.