En lisant l’article « Masques des Hopis : une vente
sacrilège » de Julien Sansonnens, j’ai été étonné de
la virulence disproportionnée de l’auteur concernant
un fait mineur. Les mots comme « sacrilège »,
« écoeurante » et « profanation » ont été prononcés.
Certainement que cette société régie par le dieu
Dollar m’a certainement blasé. Elle m’a tellement
habitué à bien pire de sa part. Cependant, je trouve
ce cri d’indignation inapproprié et déplacé. Même
particulièrement déplacé en songeant à l’histoire
sanglante des Amérindiens. L’Histoire, avec un
grand H, s’est montrée particulièrement immonde
au sujet d’un des rares génocides ayant été mené
presque jusqu’au bout : celui des Amérindiens,
mené par les colonisateurs européens. On ne le dit
jamais, mais les Etats-Unis d’Amérique sont nés
d’un épouvantable charnier ! En fait, toutes les
nations des continents américains sont issues de
millions de carcasses d’hommes, de femmes et
d’enfants, dont le seul crime était d’être là. Les
conquistadors n’ont rien à envier aux cow-boys qui
les ont succédé. Combien d’Amérindiens vivaient
sur les deux continents américains avant la venue
des colons ? Et combien d’Amérindiens ont été massacrés
sur les deux continents américains ? sont des
questions pour lesquelles on ne nous donne pas de
réponse. Si on a pointé du doigt bien des nations
génocidaires, pourquoi les USA n’ont jamais été ne
serait-ce qu’inquiétés quant à leur passé sanguinaire ?
Sans doute parce que l’Histoire est écrite par
les vainqueurs et ce n’est pas demain que les USA
nous rappelleront à tous comment cette nation a
vu le jour …
S’il y a bien quelque chose d’écoeurant dans cette
histoire, c’est le cri de vierge effarouchée concernant
la vente de babioles sans le moindre mot
concernant le massacre de leurs anciens propriétaires !
Alain Pesse
Réponse de Julien Sansonnens
S’agit-il réellement d’un « fait mineur » ? Si chacun peut se faire sa propre opinion,
il semble que cette vente – aux yeux des Hopis – a été particulièrement
douloureuse ; c’est bien de leur côté que je me place en parlant de
vente « sacrilège », reprenant le terme que leur représentant a utilisé. Quant
à parler de « babioles », le mot me semble tout aussi fort, mais dans le sens
contraire…
Je rejoins par contre Alain Pesse dans ses propos sur le terrible massacre des
Amérindiens, dont l’Europe d’alors, puis les Etatsuniens, portent la responsabilité,
même si le terme de génocide est controversé dans la mesure où
cette extermination n’a été ni systématique, ni programmée. Mais c’est un
autre débat… qu’il m’était difficile d’aborder en 1’900 signes !
Julien Sansonnens