En ce qui concerne la Syrie, il semblerait, si l’on en croit les
médias, que le vilain gouvernement décide sans raison
d’aller bombarder des quartiers, d’envoyer ses chars et ses
avions contre de paisibles citoyens… « Tiens, on va aller massacrer
des enfants… » Comme ça, pour le plaisir… Aucun
Syrien, si irrité soit-il, ne se lancera dans la répression sans
raison valable. Je voudrais voir comment réagirait notre gouvernement
si des opposants, se muant en groupes armés, soutenus
ostensiblement par l’étranger, menaçaient la paix
sociale. En 1968, De Gaulle envisagea le pire en se rendant à
Baden Baden…
N’avons-nous pas aujourd’hui cent raisons de nous révolter,
le chômage, les difficultés de logement, les bas salaires, les
injustices, les communautarismes, la corruption, la précarité
sans parler des entreprises guerrières et du soutien aux Etatsvoyous
(j’entends les USA et Israël en premier lieu). Nous
eûmes à l’époque de la guerre d’Algérie des rebelles se dressant
contre l’Etat central… Il suffit de se remémorer la réaction
du gouvernement, dans lequel siégeait François Mitterrand,
lorsque des groupes armés entrèrent en action dans « la partie
de la France » située au sud de la Méditerranée. Ce fut pire que
chez Assad ! Nous en subissons encore les séquelles. Les généraux
d’Alger représentaient autre chose que « l’armée syrienne
libre ». Force resta à la loi. On se soucia alors bien peu des
civils désarmés abandonnés à la vindicte sanglante de leurs
frères en religion.
Cessons de mettre de l’huile sur le feu dans le cas de
Damas. Si nous voulons condamner condamnons, comme les
Russes le demandent, les deux camps. Offrons nos bons
offices, sincèrement, dans le seul but – libre de tout calcul – de
faire taire les armes, dussent certains éléments rebelles ou
gouvernementaux se sentir frustrés. La paix, même injuste, est
toujours préférable à la tuerie.
Tony Calpé