La rénovation du Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds menacée

L'UDC, qui n'aime pas la culture, lance un référendum contre le projet de rénovation muséographique.

L’UDC, qui n’aime pas la culture, lance un référendum contre le projet de rénovation muséographique.

La culture est à nouveau au centre de l’activité politique ou politicarde de la métropole horlogère. Une demande de crédit pour la rénovation du Musée d’histoire, acceptée par une très large majorité du législatif communal, est menacée par le lancement d’un référendum de la section UDC.

Le porte-parole du Parti Ouvrier et Populaire (POP) a bien exprimé la valeur du projet et nous reproduisons quelques éléments essentiels de son intervention. Pour Francis Staehli, cette rénovation est attendue « depuis plus de vingt ans ».

Dans le domaine culturel, indispensable à la vie spirituelle et communautaire d’une Cité, la ville dispose d’outils remarquables : Musée d’horlogerie, Musée des Beaux-Arts, Théâtre à l’italienne, Salle de musique, Bibliothèque. Ces institutions participent à l’évidence à l’image qui n’est pas fermée sur elle-même. Le Musée international d’horlogerie, par exemple, par ses magnifiques collections d’objets montre les liens entre horlogerie, microtechnique et arts appliqués. Il nous permet d’explorer tout ce qui implique la mesure du temps. « Mais dans cette offre manque à l’évidence un indispensable complément : comment ont vécu ceux qui ont fabriqué ces objets si significatifs ? Comment le travail, la production étaient-ils organisés, quels étaient les rapports entre ouvriers et patrons, étant entendu qu’à La Chaux-de-Fonds, s’il y a eu des conflits, il y a aussi eu dialogues et accords… Bref, quels étaient les attentes, les espoirs, les craintes, comment vivait-on le temps qui passe, les loisirs, la vie associative, musicale, théâtrale, sportive, sociale et politique au sens large du terme ? »

Et l’orateur de démontrer ce que la muséographie du Musée d’histoire rénové proposera de faire lire ce contexte aux visiteurs en travaillant sur des symboles choisis. Lesquels seront explicités et mis en relation. Selon lui, il n’y a pas que le passé à considérer. Celui-ci doit être relié au présent, y compris dans ses développements récents, par exemple la reconnaissance de l’Unesco pour l’architecture horlogère, mais aussi le retour de la production dans la ville et la région. Le projet se fera en synergie avec le Musée d’horlogerie et le Musée des Beaux-arts. Ce concept des trois musées sera géré avec une billetterie commune qui devrait inciter les visiteurs à comprendre ce que fut et ce qu’est la vie des gens de cette région.

« Qualité suisse »

Le popiste s’est exprimé également sur le référendum annoncé par l’UDC. « C’est son droit politique absolu, mais toutefois, elle devrait, à notre sens, y réfléchir encore. En effet, on ne comprend pas vraiment sa logique. Toutes ses affiches portent ce label « Qualité suisse ». Or le respect et la mise en valeur de nos traditions, de notre histoire sont précisément un aspect de cette qualité suisse. » L’UDC n’a pas réfléchi et les signatures seront récoltées. Son argumentation est financière. Ses représentants, dont le futur conseiller administratif (!) veulent économiser. Ils ont approuvé plus de 15 millions pour diverses réfections routières et d’infrastructures et de bâtiment, mais estiment qu’on ne peut pas faire davantage avec l’argent des contribuables ! En résumé, d’accord de boucher les trous routiers mais pas les trous culturels. Le crédit ne met pourtant pas en péril les finances communales, même dans cette période difficile, puisqu’ils seront amortis sur trente ans.
Maintenant, place au débat public. Le sort de la rénovation du Musée d’histoire dépendra de la qualité des discussions.


Les présidents des musées ont créé un site Internet pour défendre unanimement le projet : www.pourunmuseedigne.ch