Veya signe la paix des musées

La Chaux-de-Fonds a engagé un nouvel administrateur culturel.

La Chaux-de-Fonds a engagé un nouvel administrateur culturel.

Il y a un peu plus d’un an, le Conseil communal (exécutif) de La Chaux-de-Fonds était soumis à une grande critique des milieux intellectuels chaux-de-fonniers, voir romand, et largement relayé par la presse, dans leur gestion de la politique culturelle. Parmi les critiques figurait en première position l’engagement d’une directrice des musées située à un rang supérieur aux conservateurs. Les critiques s’élevaient contre une gestion économiste de la culture. Il faut dire qu’à l’époque, la démarche de l’exécutif ne fut pas très habile et la pratique de la concertation ne figurait pas au premier plan.

Suite à cette crise, le responsable des affaires culturelles, Jean-Pierre Veya, a pris son bâton de pèlerin et a procédé avec méthode au regroupement des milieux intéressés. Il a conduit une large consultation, à savoir les conservateurs et conservatrices ainsi que les commissions de chaque musée. Il a tenu compte des avis exprimés pour aboutir à un consensus généralisé. Ce travail s’est traduit par un rapport d’information approuvé par les élus en fin d’année dernière.

Cette approbation a permis la poursuite de la procédure dans une sérénité retrouvée. Ainsi, le Conseil communal a engagé un administrateur du dicastère des affaires culturelles, de la santé, des sports et de la jeunesse, poste situé hiérarchiquement au même niveau que celui des conservateurs, mais s’en différenciant par des responsabilités différentes. Le choix de l’administrateur a fait également l’objet d’une consultation. Ce qui a permis un choix convaincant pour chacun. Plus de 50 candidats ont fait acte de candidature pour un poste que le cahier des charges précisait ainsi : le nouvel administrateur serait directement subordonné au conseiller communal et l’appuierait dans la gestion financière et dans la conduite de projets, sa sphère de responsabilité serait plus large que le seul domaine de la culture. Il était souhaité une formation provenant d’une haute école de gestion et d’une expérience professionnelle dans un poste à responsabilités ainsi que dans la conduite d’une équipe. Une expérience dans le domaine culturel ou muséal serait un atout et, au plan personnel, un sens aigu de la communication, de la négociation et de la concertation était aussi souhaité.

Xavier Huter, 34 ans, a été choisi. Il entrera en fonction le 1er juin. Il est titulaire d’une licence ès sciences économiques et dispose d’une précieuse expérience dans la gestion d’entreprise comme le précise un communiqué du Conseil communal. Actuellement responsable des services généraux de l’entreprise TAG Heuer, il utilisera ses talents au service du dicastère. Par ailleurs, il occupe un rôle actif au sein du comité du Paléo festival. Au surplus, il était membre du législatif de la ville au sein du parti libéral-radical, tâche qu’il quittera.

Bilan de l’affaire

Cette histoire démontre une attitude politique qui mériterait d’être davantage pratiquée. La tendance idéologique actuelle promeut plutôt des formes d’autoritarisme basées sur les certitudes de celles et ceux qui détiennent des parcelles de pouvoir. Dans le cas présent, l’autorité communale a pris au sérieux les critiques. Elle a retiré le rapport et les premières décisions prises ce qui a permis à Jean-Pierre Veya de procéder aux consultations utiles pour ramener la paix dans la maison. Cette pratique lui a permis d’équilibrer les contraintes avec les objectifs. Celui qui était ressenti comme le directeur des musées est devenu un chef de service, comme les autres, ayant une responsabilité différente mais complémentaire à ses futurs collègues. De plus, le popiste n’a pas craint d’engager une personne jugée compétente et ouverte malgré son appartenance à un parti politique adverse au sien.