Il y a deux façons de présenter l’œuvre d’un artiste : on peut faire une rétrospective qui montre l’évolution du peintre au cours de sa vie créative, ou l’on peut choisir une époque particulière et ainsi illustrer plus en détail un aspect de cette vie. C’est cette seconde possibilité que le Kunstmuseum de Bâle a choisie pour nous faire connaître le jeune Auguste Renoir (1841-1919).
Renoir, comme le rappelle l’excellent catalogue, a commencé sa carrière comme artisan, produisant des faïences, des fresques dans des cafés, des rideaux - il fallait bien vivre ! En 1864, il peint entre autres des portraits de Marie-Zélie Laporte et d’Alfred Sisley, des œuvres qui forment les plus anciens tableaux de l’exposition. Celle-ci s’arrête en 1880, avec un magnifique regard sur la Manche près de Berneval. Ce sont bien les portraits et les paysages qui forment la plus grande partie de la collection montrée à Bâle. Renoir démontre surtout dans les paysages qu’il fut l’un des créateurs de l’impressionnisme ; les portraits sont encore plus « réalistes ». L’amour des couleurs comme moyen expressif, même émotionnel, est déjà très présent. Etonnants les verts qui se mêlent au blanc dans le Paysage de neige de 1875, ou les nuances innombrables de vert et de brun dans l’Allée au bois, peinte la même année. Les portraits nous permettent de faire connaissance avec ses nombreux amis et collègues - à part Sisley nous trouvons aussi Monet et sa famille. La Nymphe à la source de 1869 donne un avant-goût des grands nus à venir.
Cet événement artistique à ne pas manquer est à voir jusqu’au 12 août.

« Renoir, entre bohème et bourgeoisie, les jeunes années » au Kunstmuseum de Bâle.
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